samedi 19 novembre 2011

De mes joies

Aujourd'hui, j'ai fait de la tire. Tradition familiale. Ma mère a décidé il y a de cela longtemps qu'elle ferait à chaque année de la tire pour le 25 novembre, ce qui fait que je suis la deuxième génération à fêter la Sainte-Catherine. Or, pour moi, cette jeune tradition est d'une importance capitale, et le 25 novembre est une de mes journées favorites de l'année, l'un des meilleurs exemples de mes joies.

De mes joies, je dirais qu'elles sont mixtes. En effet, au fil des ans, j'ai conçu sans m'en rendre compte un système de réjouissances de trois types différents : les réjuissances à date fixe, dont la Sainte-Catherine, les réjouissances anticipées, dont les voyages et soirées qui sont prévus au moins quelques jours à l'avance, et finalement les réjouissances spontanées, qui surviennent le jour même. Lesdites réjouissances peuvent inclure les parents ou les amis, et  c'est l'alternance entre les trois types qui crée la diversité nécessaire afin de ne pas se lasser, d'où l'importance de la mixité.

De mes joies, je dirais qu'elles sont équilibrées. D'un côté, il y a les évènements à date fixe, qui sont connus depuis longtemps et donc envers lesquels les attentes sont plus élevées. Les chances d'un bonheur très intense sont alors les plus grandes, mais aussi les risques de déception s'en trouvent-ils proportionnellement gonflés. De l'autre côté se trouvent les évènements spontanés, envers lesquels les attentes sont nulles, mais qui souvent sont moins palpitants et grandioses. Les évènements anticipés, dès lors, se trouvent à mi-chemin entre les deux extrêmes.

De mes joies, je dirais qu'elles doivent être accessibles et contrôlées. Il faut savoir se contenter de petites choses afin que, dès que le besoin s'en fait sentir, les réjouissances spontanées les plus improvisées et minimales soient en mesure de nous remonter le moral. Il faut aussi savoir se contenter de petites choses parce que, par exemple, si je me  sens démoralisé et que j'ai besoin d'un voyage en Europe pour me remettre sur pied, je risque d'attendre longtemps et, puisque mes attentes seront proportionnelles au temps écoulé avant d'aller finalement en Europe, d'être déçu, ce qui ne me rend pas plus heureux. Même pour les célébrations à date fixe, il vaut parfois mieux viser plus bas afin d'éviter les déceptions, et donc rechercher la constance plutôt que l'intensité. C'est d'ailleurs ce principe qui m'a fait renoncer à la possibilité d'un voyage en Argentine, cela et le fait que je veuille retourner dès que possible chez moi en Gaspésie.

De mes joies, je dirais qu'elles utilisent les fêtes religieuses comme prétexte. C'est un fait, les fêtes religieuses courantes sont des moments tout indiqués pour se réunir en famille ou entre amis et célébrer la vie, alors pourquoi ne pas piger parmi toutes ces autres dates qui ne sont plus populaires et en faire quelque chose de semblable pour garnir notre calendrier de célébrations à date fixe? Il faut les voir comme des journées choisies arbitrairement, de sorte que l'on ait pas besion de faire preuve de trop d'imagination. Cependant, il ne faut jamais oublier que chacun donne le sens qu'il veut à la fête de son choix, de sorte que, s'il est parfois intéressant de s'inspirer des coutumes initiales, ce n'est pas obligatoire.

De mes joies, je dirais qu'elles me permettent de survivre aux angoisses de mon quotidien.

De mes joies, je dirais enfin qu'elles sont adaptées à ma personne. Il convient à chacun de trouver comment arriver à passer à travers l'année, mais ma méthode me va à merveille, et sachez que je compte bien ne pas être la dernière génération de ma famille à fêter la Sainte-Catherine. Touvez le système qui vous apportera la joie de vivre qu'il vous faut, pendant que moi je poursuis sur ma voie. Qui sait, dans quelques années, peut-être donnerai-je un vrai bal à la Sainte-Catherine, et fêterai-je aussi l'Ascension et la Pentecôte. Peut-être même festoierai-je à la Toussaint ; avec Halloween la veille, cela me ferait deux jours de réjouissances de suite, une merveille !

Chronique

dimanche 13 novembre 2011

Considérations sur les responsabilités sociales

Moi, je fais ce que je veux parce que je suis libre.

Pour faire simple, non, c'est faux. Dans une société comme la nôtre où plusieurs services sont couverts en partie ou en totalité par le gouvernement, tu ne peux pas raisonablement faire ce que tu veux. Tu vois, si tout était à tes frais, alors tu pourrais faire comme bon te semble pusique la facture de la totalité de tes actions te reviendrait à toi seul. Or, ce n'est pas le cas ici, mon ami. Non, que tu le reconnaisses ou non, tu es aidé par le gouvernement, de sorte que quoi que tu fasses, tu te dois d'être reconnaissant et de veiller à ne pas devenir un fardeau pour la société.

Mais je suis libre, c'est mon droit!

Oui, peut-être, mais ton droit est accompagné de resposabilités sociales et l'une d'elles est de ne pas nuire aux autres. Par exemple, disons que tu désires commencer à fumer. Parfait, c'est ton droit, mais tu endommages de ce fait ta santé, et lorsque tu entreras à l'hôpital parce que tu auras un cancer et que tes traitements seront couverts par ton assurance maladie, eh bien tu seras devenu un fardeau pour la société. De ce fait, le gouvernement a mis une série de taxes sur les cigarettes, des taxes énormes, pour essayer de compenser un peu toutes les dépenses que les fumeurs occasionnent.

Mais cet argent ne va même pas en santé!

Non, tu as raison, il ne va pas nécessairement en santé, il va peut-être aux infrastructures, mais c'est du pareil au même. Si la taxe sur tes cigarettes est versée aux infrastuctures, alors le gouvernement économise sur la part de ses revenus, disons des impôts, qui va aux infrastrucutres, de sorte que cette part peut aller en santé. De fait, c'est la même chose, peut importe quels revenus sont associés à quelles dépenses, tant que le tout soit équlibré.

Mais le gouvernement Charest dépense n'importe comment, et puis il y a les malversations et la co-

Non, je t'arrête tout de suite, je ne te parle pas de ça. Si tu n'es pas d'accord avec le pouvoir en place, c'est ton droit, et tu le feras savoir en allant voter de façon éclairée au prochaines élections non pas pour le bien absolu, tu n'en trouveras pas et tu serais stupide d'espérer en trouver, mais pour, comme dirait Machiavel, le moindre mal. Par contre, ce n'est pas mon sujet, je te dis seulement que tu n'es pas exactement libre, ou plutôt qu'à chaque geste que tu poses, la seule raison qui fait que tu es libre d'agir de la sorte est que la société juge que tu es suffisamment raisonable pour agir de façon à ne pas nuire à la société.

Mais pourquoi faut-il que ce soit toujours en rapport avec l'argent?

Voilà qui est très simple. Tu as beau être animé par les sentiments communistes les plus dignes, ici c'est une économie de marchés qui fonctionne avec de l'argent. Les soviétiques se sont plantés et, jusqu'à maintenant, c'est le meilleur système que nous aillons, alors tu ferais mieux d'accepter dès maintenant que les choses autour de toi se monnaient, et même l'éducation.

Tiens d'ailleurs, et si on parlait des frais de scolarité?

D'accord, mais je n'en dirai pas ce que tu veux que j'en dise. Je ne jugerai pas de la présente situation, je n'ai pas assez de données pour le faire et moi, je sais me taire quand je ne sais pas de quoi je parle. Par contre, je peux éclairer certains paramètres. En effet, ce qu'il faut savoir, c'est que la gratuité scolaire est possible, mais qu'elle n'est pas parfaite. Il s'agit d'un choix de société que l'on peut faire ou non. Cependant, proclamer l'éducation gratuite n'est pas la rendre gratuite, c'est faire payer l'État à votre place et voir cela comme un investissement. Or, tel choix n'est pas simple. D'une part, c'est très coûteux, déjà que les unviversités manquent de fonds, et l'État ne peut pas toujours tout restructurer. D'ailleurs, à chaque fois qu'il essaie, il a les syndicats aux fesses. Alors, il resterait les hausses de taxes et d'impôts, mais tout le monde se plaindrait. Quoi faire? D'autre part, il y a que la gratuité n'est pas toujours un investissement rentable. En effet, prenons deux cas de figure très simples, celui qui ne se connait pas et celui qui part.

Pour celui qui ne se connait pas, le futur est embrouillé; il n'a pas la moindre idée de ce qu'il veut faire de sa vie et il change de programme à chaque année; à trente ans, il ne sait toujours pas où il s'en va, il a essayé une dizaine de programmes et travaille à temps plein dans un dépanneur, ce qui fait qu'il ne contribue pas du tout à la hauteur de ce qu'il a coûté.

Pour celui qui part, la gratuité scolaire est merveilleuse puisqu'il ne doit rien à personne, or dès que ses études, disons en administration des affaires ou un médecine, sont terminées, il part pour Toronto, Chicago ou New York et il ne repaie jamais sa dette à la société. C'est la même chose qui se passe avec l'astraunaute de ma précédente chronique.

Oui et? nous avons des recours, nous pouvons les contraindre.

Je ne sais pas. En fait, ce sera inévitable si nous faisons le choix de la gratuité scolaire, mais ce serait tout de même contraindre les libertés des individus, alors peut-être que de telles lois seraient considérées comme anticonstitutionelles. De toute façon, je reste perplexe devant ce débat, mais je crois qu'il reste essentiel que nous soyons tous conscients des responsabilités sociales qui incombent sur chacun.

Chronique