samedi 19 novembre 2011

De mes joies

Aujourd'hui, j'ai fait de la tire. Tradition familiale. Ma mère a décidé il y a de cela longtemps qu'elle ferait à chaque année de la tire pour le 25 novembre, ce qui fait que je suis la deuxième génération à fêter la Sainte-Catherine. Or, pour moi, cette jeune tradition est d'une importance capitale, et le 25 novembre est une de mes journées favorites de l'année, l'un des meilleurs exemples de mes joies.

De mes joies, je dirais qu'elles sont mixtes. En effet, au fil des ans, j'ai conçu sans m'en rendre compte un système de réjouissances de trois types différents : les réjuissances à date fixe, dont la Sainte-Catherine, les réjouissances anticipées, dont les voyages et soirées qui sont prévus au moins quelques jours à l'avance, et finalement les réjouissances spontanées, qui surviennent le jour même. Lesdites réjouissances peuvent inclure les parents ou les amis, et  c'est l'alternance entre les trois types qui crée la diversité nécessaire afin de ne pas se lasser, d'où l'importance de la mixité.

De mes joies, je dirais qu'elles sont équilibrées. D'un côté, il y a les évènements à date fixe, qui sont connus depuis longtemps et donc envers lesquels les attentes sont plus élevées. Les chances d'un bonheur très intense sont alors les plus grandes, mais aussi les risques de déception s'en trouvent-ils proportionnellement gonflés. De l'autre côté se trouvent les évènements spontanés, envers lesquels les attentes sont nulles, mais qui souvent sont moins palpitants et grandioses. Les évènements anticipés, dès lors, se trouvent à mi-chemin entre les deux extrêmes.

De mes joies, je dirais qu'elles doivent être accessibles et contrôlées. Il faut savoir se contenter de petites choses afin que, dès que le besoin s'en fait sentir, les réjouissances spontanées les plus improvisées et minimales soient en mesure de nous remonter le moral. Il faut aussi savoir se contenter de petites choses parce que, par exemple, si je me  sens démoralisé et que j'ai besoin d'un voyage en Europe pour me remettre sur pied, je risque d'attendre longtemps et, puisque mes attentes seront proportionnelles au temps écoulé avant d'aller finalement en Europe, d'être déçu, ce qui ne me rend pas plus heureux. Même pour les célébrations à date fixe, il vaut parfois mieux viser plus bas afin d'éviter les déceptions, et donc rechercher la constance plutôt que l'intensité. C'est d'ailleurs ce principe qui m'a fait renoncer à la possibilité d'un voyage en Argentine, cela et le fait que je veuille retourner dès que possible chez moi en Gaspésie.

De mes joies, je dirais qu'elles utilisent les fêtes religieuses comme prétexte. C'est un fait, les fêtes religieuses courantes sont des moments tout indiqués pour se réunir en famille ou entre amis et célébrer la vie, alors pourquoi ne pas piger parmi toutes ces autres dates qui ne sont plus populaires et en faire quelque chose de semblable pour garnir notre calendrier de célébrations à date fixe? Il faut les voir comme des journées choisies arbitrairement, de sorte que l'on ait pas besion de faire preuve de trop d'imagination. Cependant, il ne faut jamais oublier que chacun donne le sens qu'il veut à la fête de son choix, de sorte que, s'il est parfois intéressant de s'inspirer des coutumes initiales, ce n'est pas obligatoire.

De mes joies, je dirais qu'elles me permettent de survivre aux angoisses de mon quotidien.

De mes joies, je dirais enfin qu'elles sont adaptées à ma personne. Il convient à chacun de trouver comment arriver à passer à travers l'année, mais ma méthode me va à merveille, et sachez que je compte bien ne pas être la dernière génération de ma famille à fêter la Sainte-Catherine. Touvez le système qui vous apportera la joie de vivre qu'il vous faut, pendant que moi je poursuis sur ma voie. Qui sait, dans quelques années, peut-être donnerai-je un vrai bal à la Sainte-Catherine, et fêterai-je aussi l'Ascension et la Pentecôte. Peut-être même festoierai-je à la Toussaint ; avec Halloween la veille, cela me ferait deux jours de réjouissances de suite, une merveille !

Chronique

dimanche 13 novembre 2011

Considérations sur les responsabilités sociales

Moi, je fais ce que je veux parce que je suis libre.

Pour faire simple, non, c'est faux. Dans une société comme la nôtre où plusieurs services sont couverts en partie ou en totalité par le gouvernement, tu ne peux pas raisonablement faire ce que tu veux. Tu vois, si tout était à tes frais, alors tu pourrais faire comme bon te semble pusique la facture de la totalité de tes actions te reviendrait à toi seul. Or, ce n'est pas le cas ici, mon ami. Non, que tu le reconnaisses ou non, tu es aidé par le gouvernement, de sorte que quoi que tu fasses, tu te dois d'être reconnaissant et de veiller à ne pas devenir un fardeau pour la société.

Mais je suis libre, c'est mon droit!

Oui, peut-être, mais ton droit est accompagné de resposabilités sociales et l'une d'elles est de ne pas nuire aux autres. Par exemple, disons que tu désires commencer à fumer. Parfait, c'est ton droit, mais tu endommages de ce fait ta santé, et lorsque tu entreras à l'hôpital parce que tu auras un cancer et que tes traitements seront couverts par ton assurance maladie, eh bien tu seras devenu un fardeau pour la société. De ce fait, le gouvernement a mis une série de taxes sur les cigarettes, des taxes énormes, pour essayer de compenser un peu toutes les dépenses que les fumeurs occasionnent.

Mais cet argent ne va même pas en santé!

Non, tu as raison, il ne va pas nécessairement en santé, il va peut-être aux infrastructures, mais c'est du pareil au même. Si la taxe sur tes cigarettes est versée aux infrastuctures, alors le gouvernement économise sur la part de ses revenus, disons des impôts, qui va aux infrastrucutres, de sorte que cette part peut aller en santé. De fait, c'est la même chose, peut importe quels revenus sont associés à quelles dépenses, tant que le tout soit équlibré.

Mais le gouvernement Charest dépense n'importe comment, et puis il y a les malversations et la co-

Non, je t'arrête tout de suite, je ne te parle pas de ça. Si tu n'es pas d'accord avec le pouvoir en place, c'est ton droit, et tu le feras savoir en allant voter de façon éclairée au prochaines élections non pas pour le bien absolu, tu n'en trouveras pas et tu serais stupide d'espérer en trouver, mais pour, comme dirait Machiavel, le moindre mal. Par contre, ce n'est pas mon sujet, je te dis seulement que tu n'es pas exactement libre, ou plutôt qu'à chaque geste que tu poses, la seule raison qui fait que tu es libre d'agir de la sorte est que la société juge que tu es suffisamment raisonable pour agir de façon à ne pas nuire à la société.

Mais pourquoi faut-il que ce soit toujours en rapport avec l'argent?

Voilà qui est très simple. Tu as beau être animé par les sentiments communistes les plus dignes, ici c'est une économie de marchés qui fonctionne avec de l'argent. Les soviétiques se sont plantés et, jusqu'à maintenant, c'est le meilleur système que nous aillons, alors tu ferais mieux d'accepter dès maintenant que les choses autour de toi se monnaient, et même l'éducation.

Tiens d'ailleurs, et si on parlait des frais de scolarité?

D'accord, mais je n'en dirai pas ce que tu veux que j'en dise. Je ne jugerai pas de la présente situation, je n'ai pas assez de données pour le faire et moi, je sais me taire quand je ne sais pas de quoi je parle. Par contre, je peux éclairer certains paramètres. En effet, ce qu'il faut savoir, c'est que la gratuité scolaire est possible, mais qu'elle n'est pas parfaite. Il s'agit d'un choix de société que l'on peut faire ou non. Cependant, proclamer l'éducation gratuite n'est pas la rendre gratuite, c'est faire payer l'État à votre place et voir cela comme un investissement. Or, tel choix n'est pas simple. D'une part, c'est très coûteux, déjà que les unviversités manquent de fonds, et l'État ne peut pas toujours tout restructurer. D'ailleurs, à chaque fois qu'il essaie, il a les syndicats aux fesses. Alors, il resterait les hausses de taxes et d'impôts, mais tout le monde se plaindrait. Quoi faire? D'autre part, il y a que la gratuité n'est pas toujours un investissement rentable. En effet, prenons deux cas de figure très simples, celui qui ne se connait pas et celui qui part.

Pour celui qui ne se connait pas, le futur est embrouillé; il n'a pas la moindre idée de ce qu'il veut faire de sa vie et il change de programme à chaque année; à trente ans, il ne sait toujours pas où il s'en va, il a essayé une dizaine de programmes et travaille à temps plein dans un dépanneur, ce qui fait qu'il ne contribue pas du tout à la hauteur de ce qu'il a coûté.

Pour celui qui part, la gratuité scolaire est merveilleuse puisqu'il ne doit rien à personne, or dès que ses études, disons en administration des affaires ou un médecine, sont terminées, il part pour Toronto, Chicago ou New York et il ne repaie jamais sa dette à la société. C'est la même chose qui se passe avec l'astraunaute de ma précédente chronique.

Oui et? nous avons des recours, nous pouvons les contraindre.

Je ne sais pas. En fait, ce sera inévitable si nous faisons le choix de la gratuité scolaire, mais ce serait tout de même contraindre les libertés des individus, alors peut-être que de telles lois seraient considérées comme anticonstitutionelles. De toute façon, je reste perplexe devant ce débat, mais je crois qu'il reste essentiel que nous soyons tous conscients des responsabilités sociales qui incombent sur chacun.

Chronique

dimanche 30 octobre 2011

De ma haine

Je n'ai pas le moindre respect pour le métier d'astronaute. En fait, c'est probablement la profession légale que je trouve la plus indigne. Vous regardez une danseuse nue, et moi je vous dis que je la préfère et de loin à aucun brillant cerveau qui ait jamais fait des recherches à bord de la station spatiale.

Je me souviens encore des reportages qu'il y avait à l'époque sur le nouvel astronaute canadien recruté par la NASA. Oui, je me souviens de ma rage ! Il y en avait eu un à l'émission Découverte, un magazine de vulgarisation scientifique, à la télévision d'État, et j'étais furieux. Si j'insiste sur la définission de l'émission, c'est parce qu'il n'y a rien de scientifique à présenter la biographie d'un homme qui a gâché, rien de moins, les meilleures années de sa vie. J'admets qu'il ira peut-être, s'il est chanceux, faire de la mécanique et de la botanique dans l'espace un jour, mais en attendant, nous montrer comment il a perdu de précieuses années à accumuler trois doctorats dans des matières sans aucun lien et qui donc bien sûr ne lui seront, pour deux d'entre eux, d'aucune utilité, ce n'est pas de la vulgarisation scientifique.

Cela me rappelle qu'au secondaire j'avais un rival, la personne que je détestais le plus de toute la polyvalente. Mes amis me disaient que c'était parce qu'il voulait devenir astronaute que je détestais cette profession, et je leur répondais que c'était l'inverse, que son rêve n'était qu'une raison de plus pour que je ne puisse pas le supporter.

Le fait que ce soit difficile, le seul fait que ce soit compétitif justifie-t-il qu'on les présente en héros ? Que font-ils, sont-ils les plus utiles des hommes de la société, société qu'ils quittent, accessoirement, pour les États-Unis, puisqu'il n'y a que là qu'ils peuvent exercer. Ils partent donc avec leurs diplômes en droit, en ingénérie, en médecine, en astro-physique aussi, et toutes les bourses qu'ils ont grapillées, pour aller mettre à profit des milliards de dollars, c'est-à-dire attendre que leur soit donnée l'autorisation de monter à bord d'une vieille navette usagée qui a coûté trop cher et polue outrageusement l'atmosphère à chaque décollage pour ensuite aller faire de l'entretien sur la grosse maison moche que l'on a envoyée balader en orbite et les plantes qui si trouvent.

Les astro-physiciens qui ont étudié dans leur domaine seulement et qui s'enferment avec des téléscopes pour sonder et chercher à comprendre l'univers, ils ne m'intéressent pas, mais ils ne me dérangent pas non plus parce qu'on ne m'en parle pas tant qu'ils n'ont pas fait une découverte importante. Par contre, pour les astronaute, c'est différent. Eux, ils ont des bouts de papier qui ne leur servent à rien, ils ont volé des prix aux autres étudiants qui eux étaient vraiment intéressés par les études de médecine qu'ils faisaient, bref ils n'ont fait que nous coûter cher pendant vingt ans environ, et puis ils se barrent, et on nous parle d'eux comme si c'étaient de grands hommes alors qu'ils n'ont toujours rien accompli.

Non, il n'y a pas de réel mérite à cela. Un astronaute, c'est de l'intelligence que l'on gaspille.

Alors, ces reportages, c'est peut-être par pitié, celle que l'on ressent à voir ces gens qui, au bord de la quarantaine, n'ont toujours pas d'emploi stable, ont passé leurs plus belles années à faire la course aux meilleures notes et, le reste du temps, à faire de la course pour toujours être au meilleur de leur forme physique. Ils sont tristes à voir, c'est vrai, ces gens qui ont hypothéqué leur vie et celle de leur proche pour la chance de pouvoir quitter un jour la planète et la voir d'on peu plus loin.

En fait, même leur notion du bonheur et de l'accomplissement, je le méprise. C'est contraire au bon sens. Toute leur existence, parce que pour avoir fait de tels sacrifices, avoir vécu une vie aussi ennuyante pendant si longtemps, il faut que ce soit toute leur existence qui soit en jeu, repose sur un évènement, le voyage dans l'espace. Il n'y en aura qu'un, au mieux deux, et après quoi ? Vivre le reste de leur vie dans ce passé si glorieux, avoir vécu tout leur passage sur Terre pour seulement ces deux moments de plénitude, et passer le reste de leurs jours dans leur ombre ? C'est stupide, c'est se borner à trop exiger du sort et s'imposer de finir ses jours malheureux.

Or donc, ces reportages où nous les montrons, il reste qu'ils les présentent comme des exemples, et les enfants les verront peut-être comme des modèles. C'est totalement intolérable ! On ne peut risquer que le futur de la nation, et parmi celui-ci ses plus brillants éléments, puisqu'il n'y a qu'eux qui aient une chance, veuille pourrir ses jours à vouloir essayer d'atteindre un métier aussi infâme et surévalué.

Pourtant, peut-être, un jour, les astonautes seront-ils utiles, feront-ils des découvertes significatives et tiendront-ils en leur main le salut de l'humanité, mais je crois pouvoir dire sans trop me tromper qu'à ce moment-là je serai mort, de même que tout ceux que j'aurai pu croiser de mon vivant, alors permettez que je les haïsse, comme il semble que je suis le seul à vouloir le faire.

Chronique

samedi 15 octobre 2011

Aller voir ailleurs

Cette semaine, j'étais avec mes amis et nous perdions notre temps à deviner quels artistes interprétaient les chansons jouées par le iPod en mode aléatoire d'une des nôtres. Losrque la chanson était en français, c'était plus que facile puisque mon amie n'a que du Marie-Mai comme musique francophone. Par curiosité, je me suis demandé ce que j'ai dans mon iPod qui soit aussi francophone. Il y en a plus, peut-être quatre artistes totalisant quatre-vingts chansons, mais ils ont tous évolué en France, alors que Marie-Mai est québécoise. Cependant, cette amie comme moi, de même que tous nos autres amis proches, avons des tonnes de musique anglophone. De retour à Québec, dans mon appartement, j'ai fait subir à ma bibliothèque le même traitement. Sur près de cent cinquante volumes, il y n'y en a que cinq qui sont de la province, et tous ont été imposés dans des cours. C'est dire que je n'ai jamais acheté de littérature québécoise pour mon plaisir personnel.

Je vois déjà les puristes m'accuser d'être une victime de la mondialisation, une copie de la culture américaine. Or, je ne crois pas que ce soit le cas. En fait, si les gens de mon âge s'en donnaient la peine, je crois qu'ils arriveraient à justifier ce comportement de façon beaucoup plus valable que le classique ce qui vient du Québec c'est juste poche qui semble marquer les échanges entre adolescents de la pire espèce et journalistes lâches. Afin de défendre mon honneur et celui de mes semblables, je me propose de faire ce travail de plaidoyer en faveur de l'action d'aller voir ailleurs.

Lorsque je pense à mon attrait pour la culture mondiale, le premier avantage qui me vient en tête est la diversité. En effet, l'international signifie beaucoup plus d'auteurs, de plus d'époques différentes, qui abordent un vaste évantail de sujets. Ainsi, pour un même style musical, peut-être y aura-t-il un artiste québécois alors qu'il y en aura quelques dizaines d'ailleurs, et ce n'est que normal que nous écoutions cet artiste québécois ainsi que cette dizaine d'artistes d'ailleurs. Par contre, si quelqu'un n'a plus envie qu'on lui parle de la neige et de l'agriculture, il lui sera beaucoup plus facile de s'échapper vers une culture où ces thèmes ne sont pas abordés, vers une époque où l'on parlait de philosophie, vers des auteurs qui racontaient la guerre, par exemple. En outre, s'il est vrai qu'avec notre jeune littérature, les idées sont assez limitées, la situation devient de plus en plus ennuyante lorsque les questions abordées sont celles de mon quotidien transposées dans la banlieue la plus près. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'un auteur qui se pose les mêmes questions que moi où presque, dans le même cadre, avec les mêmes outils pour y répondre ? Cela me donne un éclairage semblable au mien, aussi enrichissant qu'une discussion avec un ami, sauf que l'ami, on s'entend bien avec lui et il est à côté de nous à ce moment-là, prêt à éclaircir n'importe quel détail. Si je lis des livres, c'est pour élargir mes horizons, par pour qu'on me raconte le moment de réflexion qui a accompagné le déblayement de l'allée un matin alors qu'il est midi et que j'ai vécu la même chose se matin en déblayant mon allée, ce qui se résume essentiellement à me rappeller à quel point ma vie est sans intérêt. Si je vais voir ailleurs, c'est donc aussi pour l'exotisme, pour m'apporter une façon de voir culturellement opposée à la mienne afin ensuite de porter un regard sur moi-même et, peut-être, si je suis chanceux, me faire progresser un peu. L'international, c'est aussi le refus de se refermer sur soi-même.

Vient alors le moment pour moi de critiquer le cadre culturel québécois qui ne fait pas son rôle. En effet, à force de vouloir être indulgent, de dire que tout est bon pour essayer de faire en sorte que les gens consomment plus, c'est l'inverse qui, à mon avis, se produit. Ainsi, lorsqu'on arrive à entendre sur les ondes des grandes chaînes qu'une certaine auteure de rose et de noir, et d'alcool et de légumes, fait de la littérature de qualité, comment peut-on ensuite faire un choix littéraire éclairé ? Le plus souvent, j'essaie, je suis déçu et je vais voir ailleurs. C'est d'autant plus vrai que l'on sait quelles sont les oeuvres étrangères établies qui parviennent jusqu'à nous. Soyons francs, nous ne pouvons comparer notre production artistique au niveau de la France, des États-Unis ou du Royaume-Uni, alors peut-être vaudrait-il mieux se l'avouer et se dire ce qui ne mérite pas d'exister plutôt que de tous le penser en silence.

Encore, si j'étais un créateur, je pourrais m'efforcer de faire mieux, mais je ne dispose point de ce talent ni de cette prétention, alors je me contente de choisir, parmi l'offre devant moi, ce qui est, selon moi et indépendemmant de la provenance, de meilleure qualité. 

Ainsi, lorsque je me tourne vers l'international, ce n'est pas vraiment pour la simple envie de suivre la publicité. Si j'étais Français, je ne m'empêcherais certainement pas de lire Stendhal et d'écouter France Gall non plus que je m'empêcherais de lire Melville et d'écouter Bon Jovi si j'étais Américain. Cependant, dans la mesure où il y a tous ces grands classiques, souvent succès populaires, qui portent sur tellement plus que sur mon grand-père le cultivateur ou sur l'importance de la nation, je crois normal que j'aille voir ailleurs plus souvent que chez moi, car pour une fois ce n'est pas une illusion, l'herbe est plus verte de l'autre côté de la clotûre.

Chronique

lundi 10 octobre 2011

Mon centre-gauche

Enfin on a un gouvernement conservateur majoritaire. Mais c'est tellement dommage qu'on ait élu autant de députés du NPD. Y a tellement de députés conservateurs qui étaient genre super compétents pis qui auraient dû garder leur comté.

Genre qui ?

Bin tsé mettons Josée Verner, ma mère me disait qu'elle a fait plein de trucs pour son comté.

Mes oreilles frétillent d'un mélange d'exaspération et de stupeur. C'est le lendemain de la dernière élection fédérale et je fais du rangement dans mon casier au collège. Je suis le long du couloir où tout le monde circule pour accéder aux rangées perpendiculaires; c'est dire que je capte incessament des bribes de conversation et ce que j'entends me décourage. Depuis le début de la journée, il n'y a que la même phrase, la même idéologie servie un peu différemment selon la bouche qui la prononce. Que de bons mots pour les conservateurs, et que de tristesse pour la vague orange !

Or, il y a cette fille, cette pauvre enfant à la stupidité illustre qui passe derrière moi avec son amie et qui prononce ces quelques mots alors qu'elle est à ma portée. Je ne sais pas par où commencer, par où regarder tout ce qui ne va pas avec sa façon de penser. Je n'aime même pas le terme façon de penser puisqu'il est clair qu'elle a fait montre d'autant d'acuité intellectuelle et critique sur cette question qu'un bloc de roche prélevé au centre d'une montage du Labrador. Il faut tout de même lui accorder qu'elle est en mesure de jouer à la valise, de ne pas se poser de question, d'accorder foi à ce que disent les autres sans avoir recours à des preuves, à un argumentaire détaillé, puis ensuite de le servir comme s'il s'agissait d'une vérité inébranlable.

Il est vrai que je suis partial moi-même. Il est vrai qu'en ce jour mon centre-gauche est blessé de voir des gens du même âge que moi avoir une pensée de droite aussi mordante, tranchée et calquée sur celle de la génération antérieure. C'est d'ailleurs pour cela que je me juge tout de même apte à dire que cette fille est une honte, une affliction pour la société à laquelle elle prendra part, notre société. En effet, mon centre-gauche, je l'ai choisi, je l'ai réfléchi et je suis capable de le justifier.

Et toi, Gwendolyne ? j'aurais aimé lui demander.

Mon centre-gauche, je l'explique par mon mode de vie et mes valeurs. Ce fut un choix rigoureux. Cependant, comment peut-on en dire autant d'une jeune femme qui régurgite ce que ses parents lui ont simplifié au point de ne plus avoir aucune valeur ? Pourtant, elle est probablement plus vieille que moi, qui suis toujours parmi les plus jeunes. Peut-être a-t-elle pu voter elle, alors qu moi je suis né 32 jours trop tard. Peut-être que je suis jaloux, jaloux que cette inadaptée ait un droit que je n'ai pas alors qu'elle a une indépendance d'opinion équivalente à celle que j'avais à treize ans. À quoi sert la crise d'adolescence, sinon à se séparer d'abord radicalement des idées de ses parents pour ensuite, à l'âge adulte, être en mesure de penser pour soi ? Je dis que cette fille, elle est inutile; autant donner deux votes à sa mère, si c'est elle qui réfléchit à sa place.

Mais il faut dire que j'exagère aussi un peu ma surprise. Je ne suis pas vraiment surpris. Je ne suis pas surpris du tout, en fait. Je ne viens pas de Québec, et j'ai compris en arrivant ici pourquoi les Montréalais en rient et disent que c'est un gros village. En effet, le village, c'est dans la tête. Imaginez que vous ne venez pas de Québec, ni de Beauce, ni même du Saguenay ou de Charlevoix, qui sont trop proches encore, et vous arrivez dans la deuxième plus grosse ville du Québec. Nous avons des gratte-ciel, semble dire la ville. Nous avons des gratte-ciel, trois quarts de million d'âmes dans l'agglomération, et la mentalité d'une commune de deux cents habitants qui n'ont jamais vu le monde et qui vivent renfermés sur eux-mêmes depuis tellement longtemps que tout le monde est aparenté. En clair, une ville ou les jeunes filles sont sages et soumises et pensent comme leur mère qui pensait comme sa mère parce que rien n'évolue jamais, ou presque.

Je ne nie pas qu'il y a des exceptions; je dis plutôt qu'à Québec il s'agit d'exceptions alors qu'ailleurs ce serait la majorité. Je fais peut-être dans la statistique à l'excès, mais il me semble normal de s'attendre à ce que la ville soit plus progressiste que la campagne. Mon centre-gauche est donc heurté parce qu'il est minoritaire dans un milieu, dans une tranche d'âge pour lesquels je crois être en droit de supposer qu'il devrait être majoritaire. La région de la capitale nationale, parfois, me fait penser au Sud profond, à la Bible Belt du Québec.

Pourtant, mon centre-gauche peut tout à fait vivre avec un centre-droit, mais je veux que celui ou celle qui se le revendique y ait pensé autant que je l'ai fait moi. C'est une responsabilité citoyenne après tout. Alors quand j'entends un centre-droit, ou à plus forte raison un droit ou un extrême-droit parler comme notre Gwendolyne, ça me décourage.

Alors pars donc Gwendolyne, hors de ma vue, et reviens quand ton cerveau pourra fonctionner pour des choses autres et autrement plus importantes que pour tenter de réussir des examens dans des matières qui te seront dans la vraie vie d'une utilité discutable.

Chronique

mardi 4 octobre 2011

Avant-propos

Les publications qui seront affichées sur ce blogue d'ici décembre constitueront dans leur ensemble un travail scolaire. Il vous est bien-sûr permis de venir et lire ce que, bien humblement, je composerai, or je ne tolérerai aucune critique vulgaire ni aucun appel à des actes illicites suite à mes envois. Ainsi, à tous les trouble-fête et à toutes les âmes mal intentionnées, vous êtes priés d'ignorer ce blogue ou, à tout le moins, de vous taire, parce que personne ne vous aime de toute façon. Ainsi, ne venez pas ici pour vous faire encore plus d'ennemis virtuels ; sortez plutôt de chez vous et allez vous faire tabasser dans des bars ou frapper par des automobilistes ivres. Il ne sera pas dit ici que je suis clément !