dimanche 30 octobre 2011

De ma haine

Je n'ai pas le moindre respect pour le métier d'astronaute. En fait, c'est probablement la profession légale que je trouve la plus indigne. Vous regardez une danseuse nue, et moi je vous dis que je la préfère et de loin à aucun brillant cerveau qui ait jamais fait des recherches à bord de la station spatiale.

Je me souviens encore des reportages qu'il y avait à l'époque sur le nouvel astronaute canadien recruté par la NASA. Oui, je me souviens de ma rage ! Il y en avait eu un à l'émission Découverte, un magazine de vulgarisation scientifique, à la télévision d'État, et j'étais furieux. Si j'insiste sur la définission de l'émission, c'est parce qu'il n'y a rien de scientifique à présenter la biographie d'un homme qui a gâché, rien de moins, les meilleures années de sa vie. J'admets qu'il ira peut-être, s'il est chanceux, faire de la mécanique et de la botanique dans l'espace un jour, mais en attendant, nous montrer comment il a perdu de précieuses années à accumuler trois doctorats dans des matières sans aucun lien et qui donc bien sûr ne lui seront, pour deux d'entre eux, d'aucune utilité, ce n'est pas de la vulgarisation scientifique.

Cela me rappelle qu'au secondaire j'avais un rival, la personne que je détestais le plus de toute la polyvalente. Mes amis me disaient que c'était parce qu'il voulait devenir astronaute que je détestais cette profession, et je leur répondais que c'était l'inverse, que son rêve n'était qu'une raison de plus pour que je ne puisse pas le supporter.

Le fait que ce soit difficile, le seul fait que ce soit compétitif justifie-t-il qu'on les présente en héros ? Que font-ils, sont-ils les plus utiles des hommes de la société, société qu'ils quittent, accessoirement, pour les États-Unis, puisqu'il n'y a que là qu'ils peuvent exercer. Ils partent donc avec leurs diplômes en droit, en ingénérie, en médecine, en astro-physique aussi, et toutes les bourses qu'ils ont grapillées, pour aller mettre à profit des milliards de dollars, c'est-à-dire attendre que leur soit donnée l'autorisation de monter à bord d'une vieille navette usagée qui a coûté trop cher et polue outrageusement l'atmosphère à chaque décollage pour ensuite aller faire de l'entretien sur la grosse maison moche que l'on a envoyée balader en orbite et les plantes qui si trouvent.

Les astro-physiciens qui ont étudié dans leur domaine seulement et qui s'enferment avec des téléscopes pour sonder et chercher à comprendre l'univers, ils ne m'intéressent pas, mais ils ne me dérangent pas non plus parce qu'on ne m'en parle pas tant qu'ils n'ont pas fait une découverte importante. Par contre, pour les astronaute, c'est différent. Eux, ils ont des bouts de papier qui ne leur servent à rien, ils ont volé des prix aux autres étudiants qui eux étaient vraiment intéressés par les études de médecine qu'ils faisaient, bref ils n'ont fait que nous coûter cher pendant vingt ans environ, et puis ils se barrent, et on nous parle d'eux comme si c'étaient de grands hommes alors qu'ils n'ont toujours rien accompli.

Non, il n'y a pas de réel mérite à cela. Un astronaute, c'est de l'intelligence que l'on gaspille.

Alors, ces reportages, c'est peut-être par pitié, celle que l'on ressent à voir ces gens qui, au bord de la quarantaine, n'ont toujours pas d'emploi stable, ont passé leurs plus belles années à faire la course aux meilleures notes et, le reste du temps, à faire de la course pour toujours être au meilleur de leur forme physique. Ils sont tristes à voir, c'est vrai, ces gens qui ont hypothéqué leur vie et celle de leur proche pour la chance de pouvoir quitter un jour la planète et la voir d'on peu plus loin.

En fait, même leur notion du bonheur et de l'accomplissement, je le méprise. C'est contraire au bon sens. Toute leur existence, parce que pour avoir fait de tels sacrifices, avoir vécu une vie aussi ennuyante pendant si longtemps, il faut que ce soit toute leur existence qui soit en jeu, repose sur un évènement, le voyage dans l'espace. Il n'y en aura qu'un, au mieux deux, et après quoi ? Vivre le reste de leur vie dans ce passé si glorieux, avoir vécu tout leur passage sur Terre pour seulement ces deux moments de plénitude, et passer le reste de leurs jours dans leur ombre ? C'est stupide, c'est se borner à trop exiger du sort et s'imposer de finir ses jours malheureux.

Or donc, ces reportages où nous les montrons, il reste qu'ils les présentent comme des exemples, et les enfants les verront peut-être comme des modèles. C'est totalement intolérable ! On ne peut risquer que le futur de la nation, et parmi celui-ci ses plus brillants éléments, puisqu'il n'y a qu'eux qui aient une chance, veuille pourrir ses jours à vouloir essayer d'atteindre un métier aussi infâme et surévalué.

Pourtant, peut-être, un jour, les astonautes seront-ils utiles, feront-ils des découvertes significatives et tiendront-ils en leur main le salut de l'humanité, mais je crois pouvoir dire sans trop me tromper qu'à ce moment-là je serai mort, de même que tout ceux que j'aurai pu croiser de mon vivant, alors permettez que je les haïsse, comme il semble que je suis le seul à vouloir le faire.

Chronique

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